Présentation

Lundi 10 décembre 2007

 

 

Classe : magnolopsida

Famille : Myrtacées

Genre : Eucalyptus

Espèce :  Eucalyptus benthamii

 

Le nom des Eucalyptus vient du grec eu : bien  et calypso : caché.  « Bien coiffé », allusion à  l’opercule  qui recouvre leurs bourgeons floraux.
On compte environ 700 espèces d’Eucalyptus, plus ou moins résistants au froid.

 Bien que le plus grand arbre actuellement vivant soit un séquoia, les Eucalyptus sont cependant potentiellement les plus grands arbres du monde (capables d’atteindre 100m-130m ), avec une longévité exceptionnelle si on les laisse vivre leur vie…

Les Eucalyptus ont un bois d’excellente qualité, de dureté très variable suivant les espèces. Pour certains d’entre eux, on peut aller jusqu’à faire des pas de vis de leur bois. Leurs feuilles  fournissent aussi des huiles essentielles, comme l’eucalyptol utilisé dans les troubles respiratoires. Certains articles font mention de la possibilité qu’ils puissent fournir un fuel végétal,  grâce à leur croissance rapide.

 

L’observation de ces arbres n’explique  que partiellement leur remarquable résistance aux variations climatiques, aux termites, aux brûlis.

 Ses racines tubéreuses offrent à l’arbre une protection contre le feu. L’arbre dispose d’un organe souterrain, le « lignotuber », capable de produire des rejets feuillus en cas de destruction des parties aériennes.

Si on regarde de près l’écorce, on s’aperçoit qu’elle a un grain spiralé. Il fait un demi tour sur la hauteur de l’arbre. Pourquoi ? Là encore, des hypothèses seulement. Les spécialistes supposent qu’il s’agirait là d’un mode de longévité. Le trajet droit ne serait pas la bonne solution, parce qu’au cours de l’existence de l’arbre, des accidents affectant l’une ou l’autre racine ou branche sont inévitables. Un  trajet de la sève  torse assurerait à l’arbre l’optimisation de la répartition des ressources, là où un trajet droit déséquilibrerait l’arbre, en n’alimentant plus qu’une partie de l’arbre.

 Le feuillage aussi est étonnant. Dans la forme adulte, les feuilles sont alternes, face inférieure et supérieure identiques,  disposées verticalement nord sud. La surface foliaire est réduite grâce notamment à la forme en lame de faux du feuillage, mais aussi à la faible densité du feuillage. Autrement dit, c’est la meilleure disposition pour éviter l’excès de soleil, et économiser sa consommation d’eau. C’est d’ailleurs un arbre qui n’offre pas d’ombre, preuve de sa capacité à ne pas absorber l’énergie solaire surabondante dans sa région d’origine.


 

eucalyptus-benthamii.jpg

Le plus surprenant chez l’Eucalyptus, et le moins expliqué, est  la différence radicale entre sujet jeune et sujet adulte.

L’arbre jeune a des feuilles opposées, bleues et larges, contrairement aux feuilles alternes de l’adulte. Jusqu’à son génome qui est différent du sujet adulte.  Ses feuilles sont recouvertes d’une pruine bleue et cireuse. Leur odeur est différente du feuillage adulte. L’écorce n’est pas encore blanche. Les botanistes émettent l’hypothèse d’une protection contre les insectes prédateurs. Mais pourquoi une forme aussi différente ? Au point d’avoir des feuilles opposées quand elles sont alternes chez l’adulte.  C’est à sa première floraison que le sujet change radicalement.

 A cause de son aspect, il faut faire une mention spéciale pour l’Eucalyptus benthamii. Il en existe quelques exemplaires à Antibes, au jardin Thuret. L’Eucalyptus benthamii figure sur la liste des espèces menacées de disparition. Le plus âgé d’entre eux aurait environ 150 ans.

 Cette espèce est originaire de la région de Sydney. La qualité de son bois a provoqué sa quasi disparition, puisqu’il a été surexploité pour la construction de la ville.

 Il a une écorce parfaitement blanche et lisse, jusqu’au bout des branches, et il mue totalement une fois par an après les premières pluies, en grands fragments évoquant des draperies.

 Mais les caractéristiques intéressantes de l’Eucalyptus ont suscité l’implantation de ces arbres dans d’autres régions du monde (Afrique, Amérique du Sud, Europe, surtout l’Espagne et le Portugal), essentiellement pour la pâte à papier, car le papier obtenu est très doux. Ils provoquent des problèmes écologiques importants. Leur résistance au feu en font un colonisateur au détriment de la flore locale, et donc aussi de la faune locale, et on le soupçonne de drainer à son profit les ressources en eau du sol, les rendant partiellement responsables de désertification.

 


 

Par gng_stefoy - Publié dans : Articles (bulletin de liaison)
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