Anne Engelmann
Classification de l’acacia :
Famille des Fabacées
Sous famille : Mimosacées
Genres : Acacia
Albizzia
Mimosa
Sous famille : Caesalpinoidées
Genres : Arbre de judée
Caroubier
Chicot
Sous famille : Papilionacées
Genres : Baguenaudier
Cytise
Robinier (pseudo acacia)
On ne doit pas confondre l’acacia avec le Robinia pseudo-acacia (le robinier) appelé à tort « acacia » qui fait partie de la sous-famille des Papilionacées.
On compte environ 1500 espèces d’acacias, à travers le monde, dont un millier présentes en Australie. On rencontre l’acacia dans des conditions écologiques très variées, aussi bien dans des zones très humides, que des zones extrêmement arides. Ils constituent souvent la nourriture quasi exclusive de nombre de mammifères herbivores, ou d’insectes phytophages.
Il arrive qu’une prolifération exceptionnelle de certains de ces herbivores, ou des conditions extrêmes provoque une consommation exagérée de ces acacias, dans des proportions qui pourraient mettre en danger la survie de l’espèce.
On observe alors toute la capacité de défense que ces arbres mettent en œuvre. On peut parler d’une véritable stratégie de défense, alliant armes chimiques, armes offensives, et communication afin d’éloigner leurs prédateurs.
Chaque arbre abrite une colonie de fourmis. L’arbre fournit aux fourmis abri et nourriture, celles-ci en contrepartie
lui offrent un outil de défense mobilisé dès qu’il y a attaque trop virulente. En Amérique, l’acacia sphaerocephala, vit en symbiose (1) avec une variété de fourmis, les Pseudomyrmex,
totalement inféodées à leur arbre. L’acacia leur offre l’abri d’épines hypertrophiées et creuses et leurs fournissent des corpuscules nutritifs. Les fourmis, très agressives, patrouillent le long
de l’arbre et le débarrassent des phytophages aussi bien d’autres insectes que des herbivores, détruisent les végétaux grimpants qui pourraient étouffer leur hôte, en mangeant leurs
bourgeons.
Acacia collinsii
Acacia sphaerocephala
L’Acacia collinsii dans le Palo Verde, (Costa Rica) a une relation mutualiste(2) avec trois espèces de fourmis, Pseudomyrmex spinicola, P. nigrocinctus et P. flavicornis, cependant chaque acacia n’abrite qu’une seule colonie d’une seule de ces espèces. La plus agressive des trois espèces est P. spinicola, qui est une fourmi rouge.
Dans les savanes africaines les mêmes relations mutualistes existent entre chaque individu et sa colonie de fourmis.Cette symbiose entre un acacia et sa colonie de fourmis n’est pas toujours, comme dans le cas d’acacia sphaerocephala l’unique moyen de défense de l’arbre
On a observé dans des fermes d’élevage en Afrique du sud, ou l’acacia constituait l’unique alimentation des antilopes qu’une soudaine forte mortalité apparaissait dans le troupeau, sans raison apparente, jusqu’à qu’on découvre qu’au-delà d’une certaine pression de broutage, les acacias commençaient à sécréter des toxines.
Ainsi en Afrique, lorsqu’un troupeau d’herbivores commence à ravager un bosquet d’acacias parce que les graminées viennent à manquer, les arbres voisins se mettent à concentrer les tanins dans leurs feuilles, ce qui les rend impropres à la consommation. Ils sont aussi capables de sécréter des substances cyanogènes en concentration dangereuse.
Albizzia julibrissin
On peut aussi parler d’une forme de communication entre les arbres, fondée sur des émanations chimiques (et pas sur la télépathie). On a ainsi pu observer des bosquets d’arbres attaqués par des antilopes kudu, qui se mettent non seulement à produire des substances toxiques, mais aussi à « prévenir » des bosquets voisins, en émettant un signal sous forme d’éthylène. Ce signal volatile entraîne chez les arbres voisins l’accumulation de tanins particulièrement astringents, qui éloignent les antilopes. Une sorte de langage chimique en somme…
Il y a ainsi une forme d’économie qui s’installe entre l’arbre, sa colonie de fourmis, et sa capacité à produire des
toxines. L’équilibre entre ces différents moyens permet à l’arbre d’économiser son énergie.
Notes :
(1) Symbiose : association à bénéfice réciproque et obligatoire
(2) Mutualisme : coopération réciproque, mais facultative
Bibliographie :
Institut de France- Académie des Sciences – Conférence par Roland Douce
Wikipedia – article sur l’Acacia cornigera
Revue horticole suisse – Christian Jaquenoud
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